Retour à tous les événements

1873

  • PIANOS KELLY 17 Rue de Munsbach Niederanven, District de Luxembourg, 6941 Luxemburg (carte)

1873

ANNÉ DE NAISSANCE DE DEUX GRANDS ARTISTES ET AMIS:

SERGUEÏ RACHMANINOV ET FÉODOR CHALIAPINE

jean nico schambourg et arina rasheva

OEUVRES DE: RACHMANINOV - MUSSORGSKI - MALASHKIN - SCHUMAN - FLÉGIER - IBERT

Entrée libre - collecte après le concert

Jean-Nico Schambourg, Basse

Arina Rasheva, Piano

JEAN-NICO SCHAMBOURG - ARINA RASHEVA

 

Jean-Nico fait ses études de chant à l’Ecole de Musique de Wiltz. Il perfectionne sa voix auprès de Luisa Mauro (Luxembourg/Milan) et, dans le cadre du laboratoire lyrique de « Sequenda Opera Studio Luxembourg », avec les professeurs Mireille Alcantara (Paris), Enza Ferrari et Umberto Finazzi, tous les deux de l’Accademia della Scala di Milano. Il participe aux masterclass de Jennifer Larmore (2020), de Ramon Vargas (2020) et de Barbara Frittoli (2022 et 2023), organisées par « Sequenda Opera Studio ».

 

Son répertoire s’étale de l’opéra au musical, des mélodies classiques aux tubes modernes.

 

En 2014, il chante le rôle du « Commendatore » dans l’opéra « Don Giovanni » de Mozart dans une co-production de « Nei Stëmmen Luxembourg / Ticino Musica, Lugano ». En 2015, il tient le rôle de Diogène dans la création mondiale au Conservatoire de Luxembourg de l’opéra grec « Philippe-Alexandre, une légende » de Sarantis Kassaras. En 2016, il participe aux représentations de « Op der Juegd » (Hilaire), opérette luxembourgeoise de Dicks et « Carmen » (Zuniga) de Bizet, deux productions de l’Opéra du trottoir de Carlo Hartmann et Yannchen Hoffmann. En 2020 et 2023, il participe avec grand succès aux spectacles « Chantons le Cinéma » donnés au CELO à Hespérange.

 

Actuellement, Jean-Nico se produit en spectacle “Ee Bass, zwee Bäss(er)” avec Manfred Logelin (basse) et Christophe Nanquette (piano).

 

Sous l'enseigne « Schammilux Productions », il organise depuis plusieurs années des concerts lyriques autour d’un thème spécifique. En outre, il écrit régulièrement des critiques et articles musicaux pour « klassik-begeistert.de », le plus grand site Internet de musique classique en langue allemande.

 

Arina est née à Tambov en Russie dans une famille de musiciens professionnels. Elle commence ses études de piano dès l'âge de sept ans. En 1998 elle intègre l’Académie russe de musique Gnessine de Moscou, où elle obtient son diplôme en 2003. Elle travaille depuis comme accompagnatrice à l’Institut de musique A. Schnittke de Moscou.

 

Elle donne régulièrement des concerts aussi bien en soliste qu’en musique de chambre. Elle est membre du groupe de musiciens « Lyric Suites » de Geoff Piper. Dans ce contexte, elle a réalisé des concerts avec Ruxandra Barac, Danièle Patz, Janja Vuletic et Jean-Nico Schambourg.

 

 

Depuis 2018, Arina et Jean-Nico réalisent régulièrement des concerts pour compte de la Fondation EME de la Philharmonie de Luxembourg. Dans le cadre des « Concerts contre la solitude », ils ont enregistré en mars 2020 un récital à la Philharmonie (https://youtu.be/JqK_vqDUrqU).

Nés en 1873 - Sergueï Rachmaninov et Féodor Chaliapine, réunis à vie par la musique et l’amitié

 

 

Cette année, nous célébrons le 150e anniversaire de nombreux musiciens célèbres : Enrico Caruso, Leo Slezak, Leo Fall, Max Reger, pour n'en citer que quelques-uns. Sergueï Rachmaninov et Féodor Chaliapine sont également nés durant cette « anno mirabilis 1873 ». Mais ce qui unit également ces deux grands musiciens, c’est leur grande amitié, qui a duré jusqu'à la mort de Chaliapine en 1938.

 

Les deux grands artistes se rencontrent pour la première fois à Moscou à l'Opéra Privé Russe Mamontov, du nom de son fondateur et mécène Savva Mamontov. Chaliapine rejoint la troupe en 1896, en provenance du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, où son talent n'est pas suffisamment reconnu. Rachmaninoff se trouve, à cette époque, dans un état de profonde dépression suite à l’accueil désastreux, par les critiques et par le public, de sa Symphonie n° 1 en ré mineur début 1897. Il ne compose plus. C’est donc une bonne distraction pour lui lorsqu'on lui propose un poste de chef d'orchestre à l'Opéra Privé Russe de Moscou.

 

Chaliapine est connu pour ne pas être toujours très précis par rapport aux partitions. Rachmaninov aura une grande influence sur l'éducation musicale de la basse. Il lui enseigne le solfège et l'harmonie. Il lui apprend à analyser une partition musicale et amène Chaliapine à apprendre non seulement ses propres rôles, mais également tous les autres rôles dans les opéras dans lesquels il doit apparaître. C'est aussi Rachmaninov qui encourage Chaliapine à apprendre les œuvres de Rimsky-Korsakoff et de Moussorgski. Lorsque lors d'une répétition de « La vie pour le tsar » de Glinka, Chaliapine étire indéfiniment une pause dans la partition, Rachmaninov, qui dirige, lui lance: « Il est vraiment temps pour nous de passer à autre chose, Féodor Ivanovitch. » Le chanteur ne se fâche pas de la remarque de son ami, qu’il apprécie énormément.

 

Chaliapine se souvient de cette période de leur amitié dans son livre « Ma vie - Le masque et l’âme »: « Le destin m'a permis de rencontrer beaucoup d'hommes remarquables sur le chemin de ma vie. Ma rencontre avec Sergueï Rachmaninov remonte aux premiers souvenirs touchants de ma vie à Moscou…. Rachmaninov est un pianiste remarquable et, avec Toscanini, l'un des meilleurs chefs d'orchestre que je n’aie jamais entendu. Quand Rachmaninov tient la baguette, il inspire une totale confiance au chanteur. Il interprète l'âme d'une composition avec la plus grande délicatesse, et lorsqu'un silence ou une note soutenue s'impose, le chanteur peut être assuré qu'il l'indiquera parfaitement. Quand il est assis au piano, je ne chante pas seul - nous chantons tous les deux. En tant que compositeur, il incarne la simplicité, la clarté et la sincérité. »

 

De son côté, Rachmaninov profite également de Chaliapine. Dès le début de sa carrière, Chaliapine recherche le réalisme dans l'art. Il ne peut comprendre les chanteurs qui, quel que soit leur rôle, ne représentent toujours qu'eux-mêmes. Il est convaincu qu'un chanteur doit maîtriser trois formes d'art: vocal, musical et théâtral. Rachmaninov admire l'immense talent de son ami, son charisme magnétique, la sincérité de ses interprétations, sa capacité inégalée de saisir le vrai sens de la musique qu'il interprète et qui se ressent dans chaque note, dans chaque phrase qu'il chante. Chaliapine montre à Rachmaninov comment il construit chacune de ses interprétations autour d'un climax musical. Le compositeur adopte dès lors cette approche pour ses compositions vocales et instrumentales.

 

Rachmaninov adapte nombre de ses compositions vocales au talent phénoménal de Chaliapine. Celui-ci est le premier à interpréter plusieurs de ses compositions. Le compositeur dédie cinq romances à son ami. Malheureusement, aucun enregistrement n’en est fait. Le seul enregistrement de Chaliapine d'une mélodie de Rachmaninov est la romance op. 26 n° 13 « Vchera my vstretilis » (Quand hier nous nous sommes rencontrés).

 

Durant ces années, Rachmaninov et Chaliapine se produisent ensemble dans de nombreux concerts en dehors du théâtre. « Quand Chaliapine chantait et Rachmaninov jouait la partie de piano, il ne serait pas tout à fait correct de dire que Rachmaninov était l'accompagnateur. Ils ont chanté tous les deux ! Leur performance était fantastique, c'était génial! », écrit Anna Troubnikova, la cousine de Rachmaninov. Ils interprètent des œuvres de Rachmaninov et d'autres compositeurs, russes et étrangers: chansons, romances, scènes et airs d'opéras.

 

Chaliapine a toujours eu une sympathie particulière pour l'opéra « Aleko » de Rachmaninov. Lors de sa création en 1893, ce fut un succès retentissant et obtint l'approbation du grand Piotr Tchaïkovski. Chaliapine rêve de terminer sa carrière de chanteur avec ce rôle. En 1899, l'opéra  est joué à Saint-Pétersbourg. Chaliapine chante le rôle-titre d'Aleko. « Tous les chanteurs étaient excellents », écrit Rachmaninov à son ami Yuri Slonov, « sauf Chaliapine, qui était beaucoup plus - il était génial, et il semblait que tous les autres palissaient un peu à côté de lui. » Le grand succès de cette performance aide Rachmaninov à surmonter la dépression qu'il ressent depuis l'échec de sa Symphonie n° 1 à Saint-Pétersbourg. Deux ans plus tard, en décembre 1900, Rachmaninov interprète pour la première fois deux mouvements de son nouveau Concerto pour piano n° 2. Chaliapine assiste à ce concert. Le succès du concert est exceptionnel. Le public et les critiques sont enthousiastes. À partir de ce moment, la confiance de Rachmaninov revient et les 16 années suivantes sont les plus heureuses et les plus productives de sa vie.

 

Même après le départ de Rachmaninov de l'Opéra Mamontov, Chaliapine continue à le consulter sur ses nouveaux rôles. Ils travaillent à nouveau ensemble en 1904-1906 au Théâtre Bolchoï à Moscou, où Rachmaninov est invité pour prendre un poste de chef d'orchestre.

 

Trois personnalités musicales - chef d'orchestre, pianiste et compositeur - façonnent Rachmaninov, mais entrent aussi parfois en conflit les unes avec les autres. Notamment, lorsqu'il abandonne son travail de chef d'orchestre à Moscou en 1906 et voyage en Allemagne dans l'espoir de pouvoir se concentrer sur la composition. En 1907, il est invité par Diaghilev à participer aux concerts symphoniques russes que celui-ci organise à Paris. Il y interprète son propre Concerto pour piano n° 2 et dirige sa cantate « Printemps » avec Chaliapine en soliste. La critique française est enthousiasmée par son « triple » aspect de musicien.

 

En 1917, Rachmaninov quitte la Russie avec sa famille et s’installe aux États-Unis, où il est principalement actif en tant que pianiste, au moins durant les premières années. Quelques années plus tard, Chaliapine choisit également l’exile volontaire. Les deux amis se retrouvent. En 1923, des artistes du théâtre Bolchoï, dont Chaliapine, rendent visite à Rachmaninov. Ils organisent un concert impromptu qui dure jusqu'à l'aube. À la demande de Rachmaninov, Chaliapine chante la romance « Ochi Chornye » (Yeux noirs). Il la chante avec une expression si émouvante que les personnes présentes en sont hypnotisées. Le lendemain, Rachmaninov  déclare: « Comme Fedya  m'a ému ! ... Ce souvenir restera avec moi pendant au moins vingt ans. »

 

Au printemps 1938, Rachmaninov se rend à Paris pour rendre visite à son ami mortellement malade. Il se souvient plus tard: « La dernière fois que je l'ai vu, c'était le 10 avril. Avant que je parte, il a commencé à me dire que quand il irait mieux, il voulait écrire un autre livre pour artistes sur l'art de jouer scéniquement. Je lui ai dit que moi aussi j'avais un projet: dès que je quitterais la scène, j'écrirais moi aussi un livre, et le sujet serait « Chaliapine ». Il me sourit et me caressa la main. Puis nous nous sommes séparés. Pour toujours! »

 

Chaliapine meurt le 12 avril 1938. Rachmaninov n'assiste pas aux funérailles: le chagrin de la mort de son ami est trop grand. Le jour des funérailles, il dit: « Chaliapine ne mourra pas. Il ne peut pas mourir. Ce merveilleux artiste au talent vraiment fantastique ne doit pas être oublié. Il deviendra une légende pour les générations futures. »

 

Rachmaninov survit cinq ans à son ami. Il décède le 28 mars 1943 à Beverly Hills, en Californie, trois jours seulement avant son soixante-dixième anniversaire.

Précédent
Précédent
4 novembre

Ukrainian Duo Avdieieva

Suivant
Suivant
17 novembre

JITKA ČECHOVÁ – piano